Histoire

Chasseur de légende Howard Hill L’archer magnifique

Chasseur de légende Howard Hill L’archer magnifique
Howard Hill posant avec un ours tiré au Canada. Il se servira du cinéma pour immortaliser ses exploits © Crépin Leblond

Considéré comme le plus grand archer du monde, Howard Hill (1899-1975) a un palmarès sportif époustouflant et une carrière cynégétique digne des plus grands nemrods de la planète.

Aux États-Unis, l’un des hommes les plus illustres du monde du tir à l’arc est Howard Hill. Il rentra vivant dans la légende en portant l’usage de cette arme à un degré inégalé d’adresse et de perfection. Son palmarès sportif dans les compétitions officielles est époustouflant et sa carrière cynégétique le place parmi les plus grands nemrods de la planète. Conscient de son talent, il s’est servi du cinéma pour immortaliser ses exploits et devenir célèbre tout en saisissant l’opportunité fabuleuse que lui offrait cette technique pour faire connaître son art auprès du grand public. À son époque, la pratique du tir à l’arc est confidentielle : discipline olympique au début du siècle disparue en en 1920. Quant à l’arc, arme de chasse, le perfectionnement des armes à feu l’avait pratiquement relégué au musée. Cependant quelques rares passionnés en célébraient encore le rite avec une prodigieuse dévotion.

 Howard Hill naît le 13 novembre 1899 à Wilsonville dans le comté de Shelby en Alabama, le pays du coton, au sud des États-Unis. Il grandit avec ses quatre frères dans une importante plantation. Dès son plus jeune âge, il s’amuse avec des pistolets à bouchon, des lance-pierres et des arcs que confectionne son père pour le distraire, lui et ses frères. Parmi tous ces ustensiles de tir qui requièrent chacun de l’adresse, celui que le jeune Howard préfère immédiatement est l’arc… Il y montre une telle habileté que dès l’âge de 5 ans, dans le champ de coton où l’avaient entraîné ses petits beagles, il tue son premier lapin ! Très fier, il court aussitôt le montrer à son père qui le félicite de fournir ainsi la viande pour le dîner de la famille. Sa prise suivante est un merle. Son père lui dit alors : « Fils, tu l’as tué ; tu le plumes, tu le prépares et tu le manges ! » Cette réflexion pleine de sagesse va marquer profondément le jeune garçon qui, plus tard, chaque fois qu’il en eut l’occasion au cours de ses chasses, répétera souvent : « Ne tuez pas de poisson ou de gibier que vous ne puissiez manger vous-même, il y en aura toujours pour le lendemain !  »

 C’est à l’Alabama Polytechnic Institute dans la ville d’Auburn que Howard fait ses études. Grand sportif, il pratique le baseball, le basket et le football américain. En 1922, il est semi-professionnel de baseball sans cesser cependant de s’entraîner au tir à l’arc. Il épouse cette année-là son ancien professeur d’anglais Elizabeth Hodges, originaire d’Aschville. Le couple s’installe en 1925 à Miami où Howard a trouvé une place d’ingénieur conseil à la Hughes Tool Company, une fabrique de machines-outils. Toujours passionné par le tir à l’arc, distraction idéale pour un jeune cadre dynamique, il participe le week-end aux concours avec assiduité. Bien vite, les victoires s’enchaînent. Le 26 février 1926 sur le parcours du golf d’Opa Locka à Miami, il remporte son premier grand tournoi de tir longue distance en portant à 358 mètres le record du genre.

 La lecture d’un livre va, brusquement, changer le destin de Howard en lui donnant une autre idée de la vie. Il s’agit de l’ouvrage de Maurice Thompson, publiée en 1878 : The Witchery of Archery (la Magie du tir à l’arc). Il faut savoir qu’après la Guerre de Sécession, les nordistes victorieux interdirent l’usage des armes à feu aux anciens soldats sudistes. Deux frères Will et Maurice Thomson, vétérans de l’armée sudiste vaincue ayant tout perdu, se réfugièrent alors dans les marécages du sud-ouest de la Floride. Pour survivre, ils se confectionnèrent des arcs et des flèches, aidés probablement par quelques Indiens séminoles, ce peuple qui, malgré trois guerres sanglantes, résista jusqu’en 1868 au gouvernement fédéral. Certains survivants qui avaient échappé à la déportation après l’Indian Removal Act, étaient restés dans les mangroves où ils vivaient selon leurs traditions...Lire la suite...