Sur le terrain

Du côté des chiens Autant en emport le vent...

Du côté des chiens Autant en emport le vent...
Un limier piste, colle à la voie... © Alain Dampérat

Les chiens d’arrêt, ces “buveurs d’air” comme on les qualifie parfois, doivent naturellement savoir exploiter le vent pour localiser leur proie. Mais la façon dont on les utilise et le gibier auquel on les destine peuvent leur faire oublier cette compétence.

S’il est un plaisir singulier dans la vie d’un chasseur, c’est d’acquérir un jeune chiot et, sachant que l’on compte le garder le plus longtemps possible, observer avec minutie l’évolution de sa façon de chasser au cours de sa vie. Car cette dernière va évoluer, forcément, au gré des territoires, des gibiers convoités et, bien sûr, en fonction de l’expérience du chien.

 En général les jeunes chiens chassent naturellement avec le nez en l’air, mais souvent davantage “à vue” qu’en s’aidant de leur truffe. C’est en multipliant les sorties, les occasions, les rencontres avec le gibier et les fautes inopinées, qu’on leur apprendra à se servir de leur nez, beaucoup plus efficace que leur oeil dans la recherche des animaux. À partir du moment où le chien sait qu’il doit se servir de son nez, deux évolutions sont possibles : soit il va mettre le nez à terre et chercher les pistes au sol, en fin limier, ce qui est l’évolution normale de la plupart des chiens courants. Soit il va chasser la tête haute, recherchant en l’air les émanations du gibier, d’où l’expression “buveur d’air”. Le chien emblématique de cette école est évidemment le pointer que l’on voit galoper à pleine vitesse sur les terrains de concours, en portant la truffe au vent et le nez le plus haut possible.

 Fin limier ou buveur d’air, lequel choisir ? Pas si simple, car dans toutes les bonnes meutes de chiens courants, qu’ils soient lancés dans la voie du lièvre ou du sanglier, il y a toujours un sujet qui, mieux que les autres, sait chasser au vent ou prendre le vent. Et ce chien-là, qui de temps en temps décolle le nez du sol pour s’appuyer sur le vent à la manière d’un chien d’arrêt, rendra de grands services, notamment en début de saison, quand la chaleur écrase toute émanation ou même après, en hiver, les jours où le pied est mauvais. Il relèvera également mieux que les autres les défauts qu’une route goudronnée, par exemple, peut créer dans une voie pourtant fraîche. Inversement, un chien d’arrêt créancé très jeune sur la caille, ou la bécasse, risque de devenir extrêmement pisteur, chassant en permanence la tête basse, multipliant les contrôles au sol, perdant progressivement l’habitude de se servir du vent...Lire la suite...