Culture

Julie Salmon Le caractère de l'animal

Julie Salmon Le caractère de l'animal
Julie Salmon préfère dessiner à partir de ses photos qui gardent détails et émotions©Julie Salmon

Chez Julie Salmon, il y a quelque chose d’écrasant, de dominant. Les animaux ne sont plus sur une toile, ils sont là, vivants, devant vous. La taille de ses oeuvres renforce cette impression. Elles sont de grands, de très grands formats, comme pour mieux montrer leur puissance, leur sauvagerie. Ses animaux dégagent un sentiment de supériorité, une souveraineté qui vous donne le vertige. Son bestiaire surgit de l’obscurité comme pour mieux vous envahir.

 C’est en tout cas ce qu’ont dû ressentir les centaines de visiteurs dans les deux dernières éditions du Salon des artistes animaliers. Son ours polaire – où il était exposé – surpris assoupi sur la banquise, que l’on distinguait à peine, tant les touches de peinture étaient d’une parfaite discrétion, ne pouvait qu’impressionner. Plus brutal était son grizzly debout, montrant sa toute-puissance.

L’éventail de sa faune africaine y a fait sensation. Son éléphant, vieux sage, vient de sentir l’odeur de l’homme, synonyme de danger, s’enfuit déjà. Difficile encore de se détacher de ce buffle dans la force de l’âge dont le regard vous transperce et dont la violence s’apprête à se déchaîner… À chaque exposition, à chaque salon, nous sommes transposés en Amérique du Nord, en Alaska, en Tanzanie, au Botswana où les parfums, la lumière et les rumeurs de la brousse vous frappent en plein visage. Nous sommes dans les expéditions d’Alexander Lake, d’Édouard Foà, de Frederick Selous… On sent presque l’odeur lancinante, âcre et lourde des pailles brûlées. Ce n’est donc pas sans raison que le jury de la dernière édition du Salon lui a décerné la médaille d’or dans la catégorie peinture.

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Son vrai prénom, Julianna, trahit ses origines. Si elle est installée, enracinée en Alsace depuis maintenant plus de deux générations – elle habite aujourd’hui dans un petit village à une dizaine de kilomètres de Strasbourg – , son histoire commence à deux mille kilomètres plus à l’est, en Hongrie, en pleine ère communiste. Ses premiers souvenirs sont ceux d’une ville, Budapest, d’une enfance urbaine, avec des rues, des rangées d’immeubles, des trains et des bus qui se croisent dans un univers gris et un ciel bas. Le premier coup du sort – ou de chance – survient lorsqu’elle a 3 ans : en raison d’une épidémie de coqueluche à Budapest, ses parents l’envoient à la campagne, dans la ferme d’une grande tante, dans la Puszta, l’immense plaine hongroise...Lire la suite...

Découvrez ses oeuvres sur son site http://juliannasalmon.com/