Sur le terrain

Les territoires Les faisans élisent domicile dans les collines de la Bouverie

Les territoires Les faisans élisent domicile dans les collines de la Bouverie
Des perdrix rouges ont aussi élu domicile sur les collines de la Bouverie © Georges Dumenes

Dans le Perche, Anthime Daveau cultive depuis trente ans son exploitation dans le souci d’y maintenir du petit gibier naturel. Profitant de la politique en faveur du faisan commun de la Fédération des chasseurs d’Eure-et-Loir, il a réussi à obtenir d’excellentes densités.

Quel beau pays que le Perche, trait d’union entre les paysages agricoles intensifs de la Beauce et ceux plus verdoyants et en relief des bocages de l’Ouest. De cet heureux mariage, la partie occidentale de l’Eure-et-Loir a hérité de terres fertiles propices à la fois aux cultures céréalières et oléagineuses, ainsi que de généreuses pâtures, le tout constituant un biotope mixte de polyculture et d’élevage très intéressant pour la faune en général et le petit gibier en particulier. Auparavant gibier roi des collines percheronnes, la perdrix grise y a malheureusement largement régressé, n’étant présente que de manière relictuelle sur la plupart du pays, à l’exception de quelques secteurs contigus de l’Orne possédant encore de belles densités. En revanche, le faisan s’y est désormais imposé comme le nouveau symbole cynégétique du département. Sa présence, parfois très nombreuse, est appréciée par tous ceux qui traversent le Perche, chasseurs ou non, et ont la joie d’apercevoir en nombre le bel oiseau cuivré, au gagnage le long des routes. Une abondance qui traduit chez les agriculteurs locaux une vraie mentalité de gestionnaires.

 Anthime Daveau, cultivateur sur sa ferme de la Bouverie, située dans les environs de Brunelles et incluse dans le GIC du Saussaye en fait partie, par passion pour la chasse autant que par pragmatisme, lui qui a connu l’abondance de gibier et assisté à sa raréfaction expresse.

 Lorsqu’il reprend l’exploitation de 120 hectares, au milieu des années 1980, la tendance est au regroupement parcellaire et à l’arrachage quasi systématique des haies. Dans le sillage du remembrement, ce sont aussi les bordures de chemins enherbés, et tous les éléments de diversification paysagère qui pâtissent de cette politique destructrice, dont il ne tarde pas à constater l’effet dévastateur sur le petit gibier sédentaire, totalement dépendant de son environnement local. « J’assistais à cela un peu impuissant, jusqu’au déclic de la mise en place de la nouvelle politique agricole commune en 1992, avec laquelle il était possible de toucher des aides financières pour l’implantation de jachères sur 10 % de la surface totale. Beaucoup en ont profité pour implanter des jachères n’importe où, et de préférence sur les terres pauvres et non exploitées, intéressés seulement par l’argent de la prime. J’ai décidé pour ma part de jouer le jeu et d’utiliser cette mesure pour recréer de vraies surfaces susceptibles de bénéficier à la petite faune et inverser la tendance. » Loin de les mettre en place dans un coin de son exploitation, Anthime implante au contraire ses jachères entre de grandes parcelles pour les cloisonner et en diminuer la taille. Une mesure qui, dans un premier temps, n’a ni enrayé la chute des effectifs de perdrix grise, ni même permis aux faisans qu’il tente d’implanter dès les années 1990 de tenir. Ses revers sont nombreux au départ, mais son entêtement amorce une dynamique d’aménagements indispensables à de futurs succès...Lire la suite...