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Salon de la chasse de Rambouillet
Le n°39 dans 
vos kiosques
le 23 mars

Étonne-moi ! : l’injonction que Cocteau lançait à Radiguet, nous l’avons, à notre tour, prise à notre compte, et sans doute

aurez-vous marqué un mouvement de surprise en découvrant la couverture pour le moins inhabituelle de Jours de Chasse, par laquelle nous avons souhaité vous étonner : un tableau haut en couleur – The Hunt Supper – du dessinateur britannique Cecil Aldin, montrant des chasseurs de renards légèrement gais, après un run endiablé, banquetant dans l’une de ces auberges immémoriales chère à l’Old Merry England. Nous aurions pu choisir, certes, une autre gravure d’Aldin, plus directement évocatrice de la chasse, mais celle-ci nous a retenus à la fois par son humour et par son caractère festif approprié à la période des fêtes de fin d’années.

 

Et puis, pourquoi ne pas associer l’humour à la chasse ? Il est habituel – et c’est un sujet de railleries cher aux chansonniers –  de se moquer de la “troisième mi-temps” des journées de chasse, où les disciples de Saint-Hubert, après avoir affronté les intempéries, arpenté les bois, ou s’être gelé au poste lors d’une battue, aiment, le soir venu, à se divertir au coin du feu, un verre à la main, en racontant des histoires dignes du baron de Crac, ou d’autres, plus gaillardes, qui, naguère, excluaient la présence des dames. Vieille tradition gauloise qui n’a pas totalement disparu… Un brin d’humour, donc, ne nous a pas semblé déplacé pour ce numéro de fin d’année, où les occasions de sourire ne sont pas vraiment légion.

 

L’actualité cynégétique n’offrant pas matière à un éditorial, je me bornerai, pour ce dernier numéro de l’année, à vous

présenter et commenter le sommaire. Puisque nous avons commencé par Cecil Aldin, ce merveilleux illustrateur

du fox-hound insulaire, je poursuivrai avec le reportage sur un jeune équipage, l’Équipage de Bellande, dont les membres témoignent qu’il existe un art tout français – porté à son apogée par Louis XIII – de forcer un renard avec des chiens courants, dans la meilleure tradition de la vènerie française. J’ajouterai qu’il est toujours réconfortant de voir des jeunes s

e mettre à la chasse, surmonter toutes les difficultés pour exprimer leur passion, et assurer une relève nécessaire.

 

À certains de nos lecteurs – peu nombreux, certes – qui ont le sentiment que Jours de Chasse ne les fait plus rêver,

je me contenterai de donner en exemple le reportage sur la chasse du thar dans les montagnes de Nouvelle-Zélande.

Une destination peu connue, un animal rare, despaysages envoûtants, n’est-ce pas là du rêve à l’état brut ? Pour être un territoire plus facile d’accès, l’Écosse n’en est pas moins un éden mythique pour tous les chasseurs et qui en fait rêver

plus d’un. Et que dire de la Scandinavie, où vous entraînera Wilhelm Dinesen, père de la romancière Karen Blixen,

et lui-même écrivain de talent, dans ses Lettres de chasse, traduites pour la première fois en français, et préfacées

par le prince Hendrik de Danemark ?

 

Après le rêve, voici du frisson avec l’évocation des drames et des accidents qui ont émaillé l’histoire de la grande chasse

en Afrique. Une enquête à lire et à méditer pour ne pas prendre, sous prétexte de mauvaises économies, des risques inutiles.

 

Pour avoir moi-même, autrefois, été blessé par un lion lors d’un safari en RCA, je puis confirmer qu’il n’y a pas de chasses

aux fauves sans risques, et qu’en de telles occasions il est impératif de prendre toutes les précautions d’usage. Revenons

au rêve avec les pages Tentations et deux dossiers spéciaux, l’un sur les montres d’exception, l’autre sur les véhicules

tout-terrain qui, malgré la crise, remontent la pente. Du dépaysement, de l’émotion, du frisson, de la beauté, voici ce que

votre revue vous offre pour les fêtes de fin d’année.

 

 

Permettez-moi d’y ajouter mes vœux personnels pour vous et ceux qui vous sont chers. Bonne lecture et joyeuses fêtes.