les imitant que l’homme est devenu, à son tour, chasseur. De nécessité primordiale – impératif de défense et besoin alimentaire –, la chasse, progressivement, s’est muée en sport, mais, si l’homme, à l’exception de certaines populations résiduelles, ne chasse plus pour se nourrir, l’acte cynégétique ne signifie nullement la satisfaction d’instincts élémentaires. Bien au contraire, la chasse est un exercice de maîtrise de soi et de discipline, une école de sang-froid où il est plus important de savoir se retenir de tirer que de s’abandonner à des fusillades compulsives. Telles sont les réflexions qu’inspire la photo de couverture de Jours de Chasse et la leçon qu’il convient d’en tirer.Si ce thème m’est cher, c’est que je ne suis pas seulement chasseur, mais aussi photographe, et que l’appareil photo n’est pas moins majeur, à mes yeux, que la carabine ou le fusil. La chasse photographique, à laquelle nous consacrons un article illustré de photos exceptionnelles, ne diffère de la chasse proprement dite que par sa fin. L’animal garde la vie sauve, mais il est capturé par l’appareil et son trophée éternisé sur la pellicule (on me pardonnera ce vocabulaire de la vieille école, du temps de l’argentique, auquel je reste sentimentalement attaché !). Il me plaît, à cette occasion, de rendre hommage à ces pionniers en tout genre que furent Jacqueline et François Sommer. S’ils ne furent pas les inventeurs de la chasse photographique – qui vit le jour en 1880 avec des précurseurs anglais puis allemands –, ils lui conférèrent son statut et contribuèrent grandement à sa réputation. Dans le livre ancien, mais toujours pertinent, qu’ils lui consacrèrent en 1960, tous deux