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Art de vivre

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Les chasseurs sont souvent les derniers à être invités aux débats qui intéressent l’avenir des milieux naturels et de la faune.
 

Le monde de la chasse, à travers ses institutions représentatives, éprouve-t-il le sentiment d’être reconnu à sa juste valeur par son ministère de tutelle ? Sans céder à la paranoïa, sans adopter la posture si prisée aujourd’hui, de victime, il serait abusif de le soutenir… Bien souvent, les chasseurs – comme ce fut le cas lors du Grenelle de l’environnement – ont l’impression, fallacieuse sans doute, que les organisations de protection de l’environnement et de la faune sauvage, voire les mouvements antichasse, sont écoutés d’une oreille plus complaisante qu’eux-mêmes.
 

Pourtant, qui oserait prétendre que les fédérations de chasseurs ne sont pas les premiers protecteurs de la biodiversité et de l’intégrité des territoires ? Qui nierait qu’elles ont accompli de notables efforts de bonne volonté dans le dialogue avec tous les usagers de la nature ? Qui contesterait qu’elles sont les principales, sinon les seules contributrices au paiement des dégâts occasionnés par les populations de grand gibier ? Et pourtant, pour être les premiers à s’investir concrètement sur le terrain, les chasseurs sont souvent les derniers à être invités aux débats qui intéressent l’avenir des milieux naturels et de la faune sauvage… Qui plus est, ils ne laissent pas de ressentir comme de la condescendance ou du dédain de la part, sinon des instances gouvernementales du moins de l’opinion publique, à leur encontre. Tant restent puissants les clichés et les poncifs désobligeants attachés à leur image !


C’est pourquoi j’ai plaisir à saluer l’initiative de Mme Kosciusko-Morizet, notre ministre de tutelle, qui a récemment rendu visite à une fédération départementale de chasseurs. Cette première, qui honore le monde de la chasse dans son ensemble, j’y suis d’autant plus sensible que la fédération en question est celle de l’Oise, et que j’ai l’honneur de représenter les électeurs de ce département à l’Assemblée nationale. À cette occasion, le président de la FNC, Bernard Baudin, présent lors de cette visite, a souligné la contribution des fédérations à une « écologie pragmatique » et regretté leur « exclusion de structures comme le Comité national du développement durable ou le Conseil national de la mer et des littoraux, et leur faible représentation dans les conseils économiques, sociaux et environnementaux… comme si ces “agences de notation vertes” que sont devenus la FNE, la LPO, le Roc et l’Aspas, avaient dégradé nos résultats sans les connaître ou même en les ignorant ».


Pour sa part, Guy Harlé d’Ophove, président de la Fédération des chasseurs de l’Oise a justement exprimé le sentiment du monde de la chasse et de la ruralité à propos du faible écho que ses propositions et ses attentes reçoivent de la part de son administration de tutelle et demandé une meilleure place pour les quatre-vingts fédérations de chasseurs dans la gouvernance écologique, ainsi qu’une plus juste répartition des subventions pour des actions concrètes en ce domaine. Est-il besoin de préciser que je m’associe pleinement à ces regrets comme à ces souhaits ? L’année électorale dans laquelle nous allons entrer devrait nous permettre d’obtenir gain de cause, je l’espère, sur un certain nombre de ces légitimes revendications. Elle offrira, en tout cas, l’occasion de faire entendre notre voix, non pas en tant que défenseurs d’intérêts particuliers, mais qu’acteurs à part entière d’une gouvernance partagée de notre patrimoine naturel.


Un mot, pour conclure, sur ce numéro que vous avez entre les mains. Qu’il me soit permis de dire que je le trouve particulièrement réussi. Comme un écho à notre premier numéro, l’Écosse et la Camargue y sont à l’honneur. Mais aussi l’Alaska, aux confins du monde, avec ce gibier mythique, l’élan. Mais encore : l’expédition légendaire de Lewis et Clarke, et leur traversée des États-Unis d’est en ouest ; le trait plein d’humour de l’illustrateur O’Klein ; l’incursion exceptionnelle de Maurice Denis dans la légende de saint Hubert et, enfin, les confidences d’un ténor des assises : Me Dupond-Moretti, lecteur assidu et fidèle de Jours de Chasse depuis le premier numéro. Un exemple à suivre…


Bonne lecture et joyeux Noël à tous.

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