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Art de vivre

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Jours de Chasse

 

Chasser le grouse au chien d’arrêt à la fin de l’été dans les moors des Highlands a un parfum incomparable de sauvagerie et de beauté.

 

L’Écosse se réveille, toujours aussi envoûtante et dominatrice. Dehors, pas un bruit ne nous parvient. Pas une âme n’a encore daigné se manifester. Le calme est aussi reposant que prenant, dans cette lumière de septembre si particulière qui n’est plus tout à fait celle de l’été. C’est peut-être la plus émouvante parce qu’elle y est empreinte de quelques regrets et d’une certaine mélancolie, surtout dans ses montagnes et déserts sauvages. À cet instant, de manière très fugace, comment ne pas songer aux lamentables chevauchées de l’armée anglaise en terres d’Écosse, « tout le jour sans tenir chemin, voie, ni sentier et sans rencontrer ville, ni maison, ni hutte », évoquées par André Maurois, dans sa magistrale Histoire d’Angleterre ? Mots durs, abruptes mais si vrais. L’Écosse a vu passer le vent d’une certaine modernité, celle du XIXe siècle – et elle s’est arrêtée là, pour notre plus grand bonheur –, mais cette impression d’incommensurable surprend toujours le voyageur même rompu aux paysages les plus hostiles.


Derrière notre cottage d’un blanc immaculé, qui semble vouloir mettre une très légère touche de gaîté, un souffle d’air nous saisit. Il est à peine frais, presque chaud diront des Écossais pur sucre. Devant nous, à quelques centaines de mètres, les premiers rayons du soleil viennent frapper les rochers et les quelques rares pins calédoniens. Plus loin, là-haut, les moors sont déjà sûrement réchauffés, moors dont il est bien difficile de détacher notre regard, parce qu’ils recèlent un des biens les plus précieux pour un chasseur, le fameux red grouse, et parce que, lui aussi, dégage une impression de force, peut-être comparable à ces mers du Pacifique, que l’on aborde avec le plus grand des respects, pour éviter qu’elles ne se déchaînent, avec une férocité inouïe.

Pour lire le reportage, cliquez ci-contre

 

Aventure   L’Ecosse devant soi  reportage Humbert Rambaud

 

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