Reportage

Québec Les grandes plumes de la Belle Province

Québec Les grandes plumes de la Belle Province
Une gélinotte huppée, aussi à l'aise au sol que dans les arbres © Don Johnston BI/Alamy Stock Photo

La profondeur des forêts québécoises abrite une diversité de petits gibiers à la sauvagerie authentique. Bécasses, gélinottes huppées, tétras du Canada, mais également le fascinant canard carolin… Ils ont été prétextes à vivre l’aventure sur une terre qui l’incarne plus que toute autre.

Les rêves du chasseur globe-trotter sont peuplés d’excursions cynégétiques exotiques et de destinations lointaines, parmi lesquelles figurent assurément les grands espaces nord-américains. Loin de nous l’idée de comparer leurs mérites à ceux de l’Asie Centrale, de Sibérie ou encore d’Afrique, pour ne citer qu’eux, mais il faut admettre que l’Amérique – et, plus spécifiquement, les États-Unis et le Canada – exerce une fascination particulière. Est-ce là le fait de l’Histoire, qui mêla intimement notre pays à ces terres transatlantiques ? Ou encore la cause d’une littérature et d’une cinématographie particulièrement fournies sur le sujet ? Toujours est-il que les romans de Jack London, James Fenimore Cooper ou autres coureurs des bois ont définitivement inscrit dans l’imaginaire collectif ces immenses forêts du nouveau monde, l’esprit des Amérindiens qui les peuplent et, enfin, le bestiaire fabuleux que nous promet cette nature généreuse. Qui ne rêve d’une cabane, posée en bordure de lac, au milieu de nulle part dans la forêt canadienne ?

 Ces rêves sont en tout cas les nôtres et, durant les quelques années où nous habitions la Belle Province, nous eûmes le bonheur d’en concrétiser quelques-uns.

 Parmi les plus belles chasses qu’il est possible d’y pratiquer figure celle de la petite faune forestière. La période la plus propice pour s’y adonner est l’automne, et plus précisément le mois d’octobre, durant lequel la forêt québécoise est la plus belle et la plus spectaculaire, lorsque ses arbres se parent d’un feuillage aux couleurs exubérantes. C’est en prime une période à la météorologie clémente, voire radieuse, le célèbre “été indien” qui représente une fenêtre climatique bienvenue avant que ne s’abatte l’impitoyable hiver canadien.

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Si les Québécois chassent majoritairement sans chiens et sillonnent les chemins à pied ou plus souvent encore en 4x4, espérant rencontrer gélinottes en bord de piste, lièvres d’Amérique ou tétras du Canada, qu’ils tirent au sol et immobiles, nous aspirons pour notre part à les chasser avec nos chiens d’arrêt et en mouvement. Le gibier que nous recherchons avant tout aujourd’hui ne se trouve d’ailleurs qu’à l’approche devant soi : la bécasse américaine. Peu prisée des chasseurs locaux, eu égard à leur mode de chasse, Scolopax minor attire en revanche les chasseurs hexagonaux. Comme sa dénomination latine le laisse entendre, le limicole dans sa variante américaine est environ deux fois plus petit que notre bécasse européenne. Elle en diffère également par la couleur de son poitrail, uniformément cannelle. Le tiers méridional du Québec se trouvant au nord de son aire de répartition, sa période de chasse y est relativement courte. Début novembre au plus tard, elle entame sa migration hivernale et, poussée par les coups de froid, s’en va gagner le sud-est des États-Unis jusqu’au Mexique. On la trouve principalement dans les jeunes boisements de feuillus, de dix ans d’âge maximum, constitués de bouleaux, d’aulnes de noisetiers et de saules, où se rencontre également la “verge d’or”, une plante qui s’épanouit sur les sols meubles et acides, riches en animalcules et dont la bécasse se délecte...Lire la suite...