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Biodiversité Les veneurs se muent en scientifiques

Biodiversité Les veneurs se muent en scientifiques
Les veneurs se muent en scientifiques Photo © Glowimages/Kurt Kracher

N’en déplaise aux écologistes jusqu’au-boutistes, le monde cynégétique a une connaissance incomparable des milieux naturels, des animaux sauvages et de la biodiversité. Témoin, le travail effectué sur les “bio-corridors” par la Société de vènerie, avec l’ONCFS, l’ONF et des fédérations départementales de chasseurs. En effet, la Trame verte et bleue, l’une des grandes mesures du Grenelle de l’environnement de 2009, a, dans un langage qui fait frémir, « l’ambition d’enrayer le déclin de la biodiversité au travers de la préservation et de la restauration des continuités biologiques ».


 Une fois ces “continuités” recensées, les collectivités territoriales, les services de l’État, les constructeurs d’autoroutes… auront l’obligation de les respecter et de les appliquer dans les SRCE (schémas régionaux de cohérence écologique). Or, c’est sur cette recension qu’est intervenue la Société de vènerie, en particulier dans le massif de Fontainebleau, dans le sud de la Picardie (Chantilly, Halatte, Compiègne…) et dans un ensemble de forêts du Perche (Écouves, Perseigne…).


Personne n’ignore en effet que les grands animaux sont des “marqueurs” irremplaçables de ces bio-corridors. Et l’on sait qu’il n’y a rien de plus dérangeant pour un grand gibier que de voir morceler son territoire qui peut atteindre 4 000 hectares pour un cerf ou un sanglier, des territoires malmenés depuis deux générations, par douze mille kilomètres d’autoroutes et de TGV, sans compter les voies rapides… Ces espaces morcelés impliquent des modifications des habitudes de reproduction et des risques accrus des dégâts (agricoles pour le sanglier ou forestiers pour le cerf).


 C’est pourquoi la Société de vènerie a lancé et financé une étude qui a analysé plus de 5 000 comptes rendus de chasse, de Charles X à aujourd’hui. Le résultat est très instructif puisque les parcours des animaux « sont presque identiques au fil des siècles » explique Pierre de Roüalle, son président. Ces indications demeurent précieuses afin de bien placer tunnels ou ponts pour éviter de couper les trajectoires des animaux ou éviter qu’ils ne soient prisonniers entre deux bretelles d’autoroutes ou sur une ligne de TGV. On ne peut que louer cette initiative et souhaiter qu’elle soit entendue et appliquée !