Sur le terrain

Du côté des chiens… À bon vent, noble chasse

Du côté des chiens… À bon vent, noble chasse
Setter anglais en pleine action. Le vent influence les qualités olfactives d'un chien d'arrêt ©Biosphoto/AFP

Peu d’auteurs cynégétiques et cynophiles parlent de l’importance du vent lorsque l’on chasse avec un chien d’arrêt : faire quêter son compagnon à bon vent est pourtant un élément fondamental pour chasser dans les meilleures conditions.

C’est arrivé à tous les cynégètes : votre chien d’arrêt ou springer semble battre consciencieusement son terrain, chaume, carré de betteraves ou de luzerne, quand, mauvaise surprise, il “tape” dans une compagnie de perdrix ou un faisan, sans avoir marqué la moindre remontée d’émanation et sans, bien sûr, le moindre arrêt s’il s’agit d’un chien d’arrêt. Souvent, le chasseur, vexé et contrarié, accuse son chien de faire n’importe quoi, d’avoir oublié l’éducation qu’il a reçue. Si l’erreur “canine” peut arriver, cette faute-là provient en majorité du conducteur du chien lui-même parce qu’il a oublié un élément essentiel dans la quête d’un chien à la chasse : le sens du vent. Curieusement, les auteurs cynophiles français – Ernest Bellecroix (dans Down ! Dressage à l’anglaise des chiens d’arrêt), Elzéar Blaze (le Chasseur au chien d’arrêt) ou, plus proche de nous, l’abbé Godard (Je dresse mon chien d’arrêt) et Max Carli (J’éduque et je dresse mon chien) – signalent ce paramètre, mais sans développer réellement le sujet, tant il est vrai que, pour eux, il tombe sous le sens. Les Britanniques font un peu exception, s’attardant plus sur l’affaire. Ils décrivent avec minutie les tenants et aboutissants de chasser à bon et mauvais vent. C’est le cas de William Arkwright (le Pointer) ou de Derry Argue, passionné de setters (notamment Llewllyn) et de pointers, ami de John Nash (spécialiste du setter irlandais), qui a développé le sujet sur une vingtaine de pages dont six de graphiques en tous genres. Si Derry Argue s’attarde aussi longuement, c’est que la question est de la plus haute importance.

 En effet, le vent est l’un des éléments qui influence d’une manière décisive les qualités olfactives d’un chien d’arrêt, et cela « trop de chasseurs l’oublient et le négligent », constate l’Anglais Steve Robinson, un des grands spécialistes du chien d’arrêt outre-Manche. Le général René Chambe, à la chasse du petit coq de bruyère dans les Alpes, s’astreignait à ce propos à toujours chasser à bon vent, même si cette discipline lui coûtait de « pénibles marches et contremarches » (Propos d’un vieux chasseur de coqs, réédité par les Éditions de Montbel). À mauvais vent, c’est-à-dire vent dans le dos, le chien a toutes les chances de “taper”, sans avoir eu la moindre émanation qui correspond aux molécules qui s’échappent du corps du gibier, et créent une espèce de champ odorant qui se propage, se fixe sur le sol et les végétaux grâce au vent...Lire la suite...