Sur le terrain

Du côté des chiens... L'irlandais est fier et sensible

Du côté des chiens... L'irlandais est fier et sensible
Le setter irlandais est aussi efficace sur les faisans, perdrix bécasses et bien sûr, bécassines © Christine Boyer-Gressens

Il fait peur à bien des chasseurs en raison de son caractère entier mais il est pourtant le plus distingué de tous les chiens d’arrêt. À condition de le comprendre et de l’aimer.

Comme les hommes, comme les chevaux, il y a des chiens qui engendrent une savante alchimie faite à la fois d’admiration, de répulsion et d’incompréhension. Le Red Irish Setter est de ceux-là. Car quel tonnerre de réactions que le seul nom de setter irlandais provoque ! Quel silence lourd de sous-entendus suit son arrivée sur un territoire de chasse! S’il y a un pestiféré dans le petit monde des chiens de chasse, c’est bien lui.

 S’il est un point qui ne souffre aucune contestation, c’est sa beauté. Avec sa robe acajou, sa tête sèche bien sculptée, un port altier, sa silhouette d’athlète, sa poitrine large et profonde, aux bras et au fouet empanaché de franges soyeuses, c’est la distinction, l’harmonie, l’élégance et la force réunies, auxquelles s’ajoute un « regard intelligent et doux », selon les mots de Joseph Oberthür. Bref, il est sans nul doute le plus séduisant, le plus distingué de tous les chiens d’arrêt.

 Pour le reste, les avis sont plus que partagés. Signe qui ne trompe pas : sur les terrains de chasse français, il est quasi inexistant. Un constat qui se retrouve d’ailleurs dans le nombre de naissances. Alors que son cousin le setter anglais affiche allégrement les 6 000 naissances annuelles, l’irlandais dépasse péniblement les… 600 (chiffres 2014). On lui reproche son caractère entier, son influx nerveux plus que délicat à maîtriser, avec une nette propension à sortir perpétuellement de la main, disent les esprits chagrins et au tempérament gascon. Les critiques les plus sévères vont même jusqu’à prétendre qu’il est “raide cinglé”...Lire la suite...