Sur le terrain

Les territoires… Des faisans naturels made in Breizh !

Les territoires… Des faisans naturels made in Breizh !
Henri Mouflin gère avec succès son élevage de faisans © Georges Dumenes

Au coeur de la Bretagne, dans le département des Côtes-d’Armor, un GIC bien inspiré est en passe d’installer la première population de faisans naturels de la région. Un tour de force rendu possible par la détermination sans faille des acteurs du projet.

Selon la définition suggérée par l’ONCFS, une population de faisan est qualifiée de “naturelle” lorsque survivent et se renouvellent au moins 50 reproducteurs en fin d’hiver, sur un territoire donné, après cinq années consécutives sans repeuplement. Dans nos contrées où pratiques agricoles et prédateurs malmènent les effectifs, fixer ainsi un galliforme relève de l’exploit et mérite nos encouragements. Lorsqu’une poignée de chasseurs, férus d’authenticité et de chasse au chien d’arrêt, pousse la porte de la Fédération des chasseurs des Côtes-d’Armor et propose une opération en faveur de la perdrix grise, David Rolland, technicien en charge du dossier, ne mise pas lourd sur le succès d’une telle implantation. Il laisse cependant une chance au projet de voir le jour mais les dirige plutôt vers le faisan bien moins capricieux. Pour convaincre, la fédération départementale organise un déplacement en Eure-et-Loir, où se sont multipliées les initiatives privées et autres GIC dédiés à l’oiseau du Phase, devenant ainsi le fief incontesté du galliforme naturel en France.

 « Nos chasseurs sont revenus de ce déplacement des étoiles plein les yeux et plus motivés que jamais. Je leur ai proposé un marché : réguler efficacement la prédation pendant deux ans, en échange de l’aide technique et financière de la fédération des chasseurs », se remémore David Rolland. Le marché est conclu en 2008 et, dès la première année, les chasseurs des trois communes mitoyennes de Laniscat, Saint-Igeaux et de Sainte-Tréphine, qui constitueront deux ans plus tard le GIC du Sulon, se mettent à l’ouvrage. En matière de régulation, tout reste à faire. Le secteur, comme une très large partie de la région bretonne, accueille de fortes densités de prédateurs, à commencer par le problématique maître goupil. Jusqu’alors, quelques prélèvements à la rencontre ou en battues constituent le seul mode de régulation du canidé. Des moyens largement insuffisants pour couvrir efficacement les 5 000 hectares de la nouvelle entité territoriale.

 Après un état des lieux visant à faire le décompte des piégeurs agréés, gardes particuliers en présence ainsi que l’inventaire du matériel de piégeage disponible ou manquant, tous repartent sur des bases solides, grâce au soutien financier de la fédération. Efficaces, les chasseurs tuent 93 renards dès la première année, contre une trentaine la saison précédente. L’année suivante, ce sont 135 renards qui font les frais de cette nouvelle dynamique. Des chiffres qui traduisent autant l’ampleur de la prédation que l’efficacité de la réponse. Mustélidés et becs droits, dont on connaît l’étendue des dégâts sur les couvées, sont également visés avec 200 corneilles et 120 pies bavardes éliminées dès la première année...Lire la suite