Culture

Peintre et Sculpteur Olivier Jouanneteau La fibre animalière

Peintre et Sculpteur Olivier Jouanneteau La fibre animalière
Olivier Jouaneteau dans son atelier. La chasse et l'équitation sont ses deux sources d'inspiration © Humbert Rambaud

Cet homme de chasse et de cheval accompli est aussi un peintre et un sculpteur à part entière. Portrait.

Il n’y a rien de mieux pour comprendre un artiste que de le voir chez lui, dans son atelier plutôt que dans un de ses salons ou une de ses galeries parisiennes anonymes et sans âme. À une bonne heure de la capitale, entre Compiègne et Chantilly, sur cette terre qui a tant donné à la chasse, à la vénerie et aux chevaux, dans ces grandes plaines céréalières battues par les vents, se cache le Haras de Villers, le fief d’Olivier Jouanneteau, enchâssé entre deux plateaux. Rien ne l’annonce en effet, si ce n’est, en passant le long de la route, une jolie ferme entourée d’un ensemble de bâtiments et des paddocks un peu partout…

L’homme qui nous accueille en culotte de cheval semble tout droit sorti d’un roman de Vialar ou d’un dessin de Xavier de Poret : il respire la France campagnarde et fière de ses origines. Dans sa cour, une statue représentant un faucheur attire notre attention : elle est signée, nous apprendra-t-on, par ses grands-oncles jumeaux Jan et Joël Martel qui créaient, en duo, leurs oeuvres dans leur atelier construit par Robert Mallet-Stevens dans le XVIe arrondissement à Paris. Le ton est donné…

 Nous sommes invités à nous diriger vers la maison de notre hôte et de son épouse Catherine où nous découvrons bientôt un véritable cabinet de curiosités. Impossible, en effet, d’échapper aux aquarelles, gravures animaux et des chevaux. Un Pierre Dubot côtoie un Karl Reille, un joli Finot un Gélibert de grand format ou un Charles-Olivier de Penne, un Pierre-Jules Mêne n’est pas loin d’un Barye. Quelques mètres plus loin, un très beau taureau d’Isidore Bonheur nous défie avec puissance… Au milieu de tout cela, les chiens de la famille déambulent et visiblement une petite chienne springer a sa place réservée sur le canapé, et nous le fait vite comprendre. Rien à faire, le lieu respire la chasse, les chevaux et les chiens… et autres dessins sur le thème de la chasse, des animaux et des chevaux.

 Nous pénétrons maintenant dans l’autre univers d’Olivier Jouanneteau, celui de sa création. Ce sont des instantanées – dessins et aquarelles – de chasse à courre, des hardes de cerfs, des scènes de courses de chevaux où le mouvement, étonnant de justesse, est rehaussé par un indéniable talent de coloriste. Qu’il s’agisse de son Départ de chasse, de son Maître d’équipage, de son Volcelest ou encore de son Arrivée de courses où il a su si bien rendre ces pur-sang après l’effort, naseaux fumants, Olivier Jouanneteau possède ce talent à recréer des ambiances… Cette aisance est tout aussi impressionnante sur ses innombrables bronzes. Ce sont entre autres cette magnifique tête de chien courant, ce lièvre dont on imagine en train de « philosopher » selon l’expression si savoureuse de La Fontaine, cet étalon arabe au chanfrein convexe, caractéristique de la race, et au regard si expressif, ou ce chien airedale reconnaissable entre mille : les lignes épurées dégagent une force et sont d’une exactitude harmonieuse. Et l’on sait qu’il n’y a rien de plus délicat pour un artiste que d’immortaliser les animaux, car l’exercice ne pardonne rien et surtout pas l’approximation ou l’improvisation (en ce domaine, les gens de chasse et de chevaux ne laissent pas de place à l’indulgence). Ce n’est d’ailleurs pas sans raison qu’Olivier Jouanneteau s’est vu récompenser l’année dernière dans la catégorie sculpture au dernier Salon des artistes animaliers qui se déroule chaque à la fin novembre sur l’hippodrome d’Auteuil. Bref, quand on jette un regard sur son oeuvre, il est deux choses qu’on ne peut lui ôter : une maîtrise des sujets qu’il traite et une technique éprouvée...Lire la suite...