Sur le terrain

Vallée de l'Epte, terre de faisans sauvages

Vallée de l'Epte, terre de faisans sauvages
Patrice Vanacker a réintroduit le faisan dans la vallée de l'Epte Photo©Olivier Morel d'Arleux

À la limite de l’Île-de-France et de la Normandie, un GIC s’est attelé à la réintroduction du faisan. Une opération en passe d’être un succès grâce à une discipline et un piégeage rigoureux.


La vallée de l’Epte ne peut laisser indifférent l’historien, car cet affluent de la rive droite de la Seine fut la frontière historique entre la Normandie et l’Île-de-France, objet de bien d’enjeux, de conflits, de pillages au Moyen Âge ; et c’est ce qui explique qu’elle rassemble autant de fortifications et de maisons fortes.


 Mais cette vallée ne laisse pas plus insensible le disciple de Saint-Hubert. Cette succession de collines boisées souvent situées sur les parties hautes et les belles zones de culture réparties sur leurs flancs et les fonds est forcément idéale pour le petit gibier. Un jugement plein de bon sens et d’à-propos à cela près qu’en matière de gestion de faune sauvage, la génération spontanée n’existe pas, mais il y a parfois la volonté d’un homme. Cet homme, sur ce territoire, c’est Patrice Vanacker, jeune retraité et président du GIC de la vallée de l’Epte, situé entre Montreuil-sur-Epte et Buhy.


 Patrice Vanacker fait partie de ces chasseurs qui restent meurtris par la désertification de la petite faune sédentaire de l’ouest du Bassin parisien. Changement de méthodes culturales, remembrement abusif, pression de chasse déraisonnable… depuis les années 1990, perdrix et faisans ont quasiment disparu et les chasseurs comme dans tant d’autres régions ont pris l’habitude de lâcher des oiseaux d’élevage à mesure que disparaissait le gibier naturel. « Je ne pouvais pas m’y faire, se souvient-il, d’autant que malgré les modifications géographiques, dues au remembrement, j’étais convaincu que tout n’était pas perdu, en particulier pour le faisan qui prospérait auparavant ici. Nous le chassions devant soi. Il y en avait partout. »...Lire la suite...